Les diam's de l'empereur (Histoire vraie)

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Prologue

Il voulait tant ressembler à Napoléon qu’il s’est sacré empereur lui-même.
Il est assez facile de sourire, et de traiter d’enfant sénile celui à qui est arrivée cette grande aventure…
Et pourtant… ami lecteur, toi qui, comme moi, comme tant d’autres, es parti de rien, et qui es arrivé à une retraite tranquille après plusieurs années de services bons et loyaux, pense au destin extraordinaire d’un autre homme, parti de rien, lui aussi, et qui est arrivé au sommet de la pyramide, seul, à la force du poignet !
Lui qui, comme son illustre prédécesseur, était surnommé le petit caporal et qui est devenu empereur !
Il est des destins exceptionnels, et celui de Jean Bedel Bokassa en fait partie !

Mais ceci n’est pas sa biographie, les historiens la raconteront plus tard. Je voudrais juste ici relater le dernier voyage de celui qui, de toute façon, a déjà écrit une page d’histoire en Afrique.

Après de nombreux problèmes avec la justice de son pays – suivant que l’on est du bon ou du mauvais côté du coup d’état, le sens du mot justice est très différent en Afrique - il a trouvé refuge en France, chez Giscard d’Estaing dont il croyait avoir acheté l’amitié pour ( ou contre ?) une poignée de diamants. Hélas, l’ingratitude est un gain de temps, dit-on, et Giscard demanda aux plus grands juristes de notre grand pays (démocratique) de chercher un moyen de renvoyer Jean Bedel dans ses foyers, ou ailleurs, mais légalement.
Car tout de même, JBK n’était pas un SDF !
Mais comment refuser le droit d’asile à un homme qui ayant servi dans l’armée française, en a eu la nationalité, avant que son pays ne plonge dans l’indépendance ?
C’est le problème qu’eût à résoudre une pléthore d’hommes de lois…
C’était naturellement perdu d’avance pour Bokassa… Comment recevoir en ami un individu dont la réputation, aux yeux du monde, est plus noire que la peau ? … Ce qui est peu dire…
La France ne pouvait pas accueillir son ancien petit caporal. Elle ne voulait pas non plus. En fait, elle aurait pu mais ne voulait surtout pas !
Les juristes trouvèrent une excellente raison pour se débarrasser de ce petit homme devenu gênant, et qui n’avait plus main basse sur les diamants, ni sur la caisse ( noire !) de son pays !
La France jeta cet empereur déchu, comme elle avait déroulé le tapis rouge sous les pieds d’Hissen Habré quelques années plus tôt !
La France en l’occurrence adopta la devise des Spartiates « Brûle ce que tu as adoré, adore ce que tu as brûlé » !

C’est à ce moment que le hasard nous fait intervenir…
La FAF.

Nous étions en alerte au Bourget, l’endroit était déjà assez inhabituel - normalement, l’alerte se prend à domicile. Etre d’alerte signifie pouvoir décoller dans un délai très bref, qui ne laisse pas le temps de prendre le petit déjeuner… Il faut manger avant d’avoir faim !

Vers minuit, un coup de téléphone nous donna l’ordre de nous rendre à Evreux, et d’attendre.

Evreux… C’était le fief normand de Jean Bedel… Nous avons immédiatement compris que l’empereur venait de passer sa dernière nuit chez nous.

Deux heures du matin, nous décollons du Bourget.

Nous atterrissons à Evreux dix minutes plus tard.
Et là, nous attendons… Nous appliquons une des nombreuses devises de l’Armée de l’Air, « Dépêchez-vous et attendez »
Nous savons que nous aurons un ex-empereur à bord, et c’est tout. Nous ignorons qui l’accompagnera – son épouse, peut être ? Cela pourrait être drôle ! - qui l’escortera – un empereur ne se déplace jamais sans « anges gardiens », et où nous l’amènerons. Secret absolu sur toute l’affaire. D’ailleurs, cela s’explique aisément ; il n’a pas que des amis… s’il en a encore !

Le chef d’escale, ensommeillé comme nous, nous assura que tous les bagages – 300 kilos – avaient été minutieusement fouillés.
Bokassa arriva ensuite sur le parking d’Evreux. Il faisait encore très noir… Nul n’aurait donc pu voir notre auguste passager ! Seuls l’accompagnaient son secrétaire particulier, costume gris anthracite, et le colonel de sa garde impériale, uniforme blanc immaculé. Tous deux avaient une particularité : un attaché-case, relié à la main par une paire de menottes.
Le gendarme du GIGN qui les accompagnait nous avoua, avec un œil humide « Dans l’une de ces valises, il y a un million de dollars en coupures de 100, dans l’autre, environ 15 kilos de diamants ! »
Nous avons instantanément saisi le pourquoi des menottes !

Cinq heures du matin : l’ordre de décollage arrive enfin !
« Vous partez immédiatement pour l’Afrique. Vous faites semblant d’aller à Dakar, mais vous irez ailleurs. Votre destination vous sera révélée ultérieurement, par message codé. Nous vous avons donné un numéro de vol de ligne régulière. Le cas échéant, silence absolu, ne répondez à aucune question qui pourrait vous être posée. Faites le plein complet de l’appareil ici même, pour éviter d’avoir à refueller lors de votre escale. Vous repartirez immédiatement. Toutes les autres instructions vous seront fournies en vol »

L’aéronautique reprend ses droits… Check List, autorisation de décollage, et nous partons.
Nous devons contacter notre commandement toutes les heures, pour leur signaler notre position. Si nous rencontrons un vrai problème, nous coderons nos communications, sinon, nous restons très laconiques « 43 degrés Nord, 1 degré Est… »
Notre itinéraire : il n’est pas vraiment logique, pour aller à Dakar, de passer par Alger… Pourtant, le plan de vol a été posé et accordé ainsi. Cela peut s’expliquer par un refus des autorités espagnoles de voir survoler leur territoire par un avion militaire. Soit.

Donc, nous survolons Lyon, Marseille, puis Alger, et de là, nous mettons le cap sur Bechar, cap 220, Nouakchott ensuite, puis Dakar.
Mais trois minutes après la capitale algérienne, le message codé arrive enfin : « Vous allez à Abidjan. Pas un mot à Bokassa. Il doit ignorer sa destination jusqu’à l’arrivée, ordre du Commandement. »
Pour rejoindre cette nouvelle destination, plus question d’aller à Bechar
; changement de cap, direction In Salah. Cap 180.
Hélas, nous n’avons pas assez attendu pour virer de bord… Les radars d’Alger détectent notre « erreur » de route, et nous donnent un cap permettant de nous remettre sur le bon chemin ! Que faire ?
Le commandant de bord prend sa décision à la vitesse de l’éclair : il coupe tous les instruments de communication – à l’exception de la HF, toutefois, qui nous permet de rester en contact avec le commandement militaire, et d’une VHF.
200 miles nautiques après Alger, donc en dehors de leur couverture radar, nous remettons en marche la deuxième VHF et l’UHF. En effet, pour assurer notre sécurité au-dessus du vaste continent africain, une VHF doit toujours rester sur la fréquence 126,9 MHZ. Quand ils survolent l’Afrique, tous les avions de toutes les compagnies du monde transmettent sur cette fréquence leur position, leur niveau de vol et l’heure de survol de la prochaine balise. Cette procédure supplée aux carences des tours de contrôle. Elle permet aussi, sans être faite pour cela, de reconnaître les éventuels copains qui s’amusent comme nous à 12 000 mètres d’altitude…En ce cas, nous discutons, nous échangeons des informations météorologiques sur le trajet, et sur le terrain d’arrivée.

Ainsi, alors que nous survolons El Golea, nous annonçons « French Air Force, à
37 000 pieds, direction sud, estimons In Salah à 07heures12 Temps Universel »
Ce jour là, UTA nous donne le bonjour :
« Salut, la FAF * ! Nous on vient de Niamey, il fait beau sur le trajet…Tempête de ciel bleu ! On est à 35 000 pieds, El Golea à 07 heures 46 »
« Bonjour UTA, on vous souhaite un bon vol ! Il fait beau aussi à Roissy ! »
« Et ou allez-vous ? », demande UTA.
Silence gêné…
« French Air Force, avez-vous reçu ? Quelle est votre destination ? »
On ne veut pas passer pour des ours, entre collègues, alors, nous répondons « On vous reçoit mal ! Allez, bon vol, à bientôt ! »
Réponse d’UTA « Eh bien dites, vous n’êtes pas très causants ce matin ! Ne serait-ce pas vous, par hasard, qui transportez Bokassa ? Et ne l’amèneriez-vous pas à Abidjan ? »
C’est fou, ça… Les secrets les mieux gardés transpirent toujours ! Et rapidement, en plus ! Nous connaissons notre destination depuis moins de vingt minutes !
Une fois de plus, silence radio… C’est d’autant plus rageant qu’on a envie de le hurler « Eh oui ! C’est nous ! »… Car après tout, c’est honorifique, de transporter un empereur, même déchu !

Après avoir décodé notre nouvelle destination, Abidjan, je suis allé discuter avec Bokassa. J’avais envie de lui annoncer la bonne nouvelle (« Nous n’allons pas à Bangui, où vous seriez découpé en petits morceaux… ») et le CDB m’a laissé cette opportunité de parler avec un empereur et de désobéir à un ordre.
« Sois discret, m’a-t-il dit, tu n’as pas le droit, en principe… Et il y a le GIGN qui surveille ! On ne les connaît pas, ces gens-là ! »

  • Majesté, puis-je parler avec vous quelques instants ?
  • Mai bien certainement, mon ami… Asseyez-vous ici !
    Bokassa m’offrait un siège dans mon avion ! La situation était amusante…
  • Majesté, nous venons d’apprendre notre destination définitive. Nous allons à Abidjan.
    Un sourire immense illumina soudain le vieux visage de Bokassa : d’un seul coup, toutes ses craintes s’envolaient !
  • Ah ! Je vais donc retrouver mon cousin Houphouët !
    J’ai cru entendre, derrière cette exclamation politiquement correcte, le cri de soulagement « Je ne servirai pas d’appât aux crocodiles ! ». J’en profitai alors pour glisser une question naïve et assassine :
  • Majesté, pourquoi dit-on tant de mal de vous ?
    Il est évident qu’en d’autres circonstances, je n’aurais jamais osé lui demander aussi abruptement si le massacre des étudiants, les exécutions arbitraires, les repas des crocodiles, étaient vrais ou en partie inventés !
  • Mon jeune ami, me dit-il, il ne faut pas croire tout ce qu’une certaine presse dit de moi ! Présentement, je ne me soucie que de ma femme, que j’ai dû laisser dans notre résidence en Normandie, et qui est en ce moment la proie des journalistes, dans le meilleur des cas… Je n’ai rien fait de mal, vraiment, mais on ne peut empêcher les langues vipérines de se délier, et lorsqu’elles veulent usurper un pouvoir qui ne leur appartient pas, elles n’hésitent pas à user de la médisance et de la calomnie… J’en suis d’ailleurs fort triste !
    JBK parlait vraiment très bien…
  • Les médias disent que vous…
  • Ah ! Non ! Je ne veux pas entendre ce que disent les menteurs et les jaloux ! Je sais très bien de quoi l’on m’accuse, mais c’est faux ! J’aime mon pays, j’y retournerai un jour, je demanderai un procès public, et je dirai tout – mais à ce moment là seulement !

Nous parlâmes ainsi pendant une trentaine de minutes, puis le CDB me rappela que j’étais pilote, pas journaliste !

  • Tu déconnes, Bruno, me dit-il laconiquement… Je t’ai demandé de revenir dans le cockpit car d’une part, tu n’as pas le droit de parler à notre passager, et d’autre part, sais-tu combien peuvent coûter quinze kilos de diamants ?
  • Bravo, Pierre, répondis-je, mais je suis pilote, pas gemmologue ! Toutefois, le prix du diamant dépend de la grosseur, de la taille, de la couleur, de son éclat, des inclusions, visibles ou non, et surtout, il dépend du vendeur et de l’acheteur ! Mais en deux mots, les diamants d’un empereur ne sont pas forcément les plus vilains, on peut les estimer à un prix moyen de 50 000 francs le carat. Il faut cinq carats pour faire un gramme, 1000 grammes pour faire un kilo, et 15 kilos pour faire 15 kilos ! Mais il n’y a pas assez de zéros dans ma calculette, ajoutai-je…
  • Bon sang, laissa-t-il tomber après un calcul mental sommaire… trois milliards sept cent cinquante millions de francs actuels !
  • Tu oublies le million de dollars en petites coupures, dans l’autre attaché-case !
    Pierre resta songeur encore quelques instants, puis, comme c’était l’homme des décisions rapides, il dit :
  • Si cela ne représentait pas autant d’emmerdements, je crasherais bien l’avion dans un coin tranquille…
    Le calcul en effet était douloureux… Nous étions cinq en équipage, plus 3 flics du GIGN, soit huit personnes pour se partager plus de quatre milliards de francs !
    500 000 000 chacun !
    Cinq cents millions de francs, et une belle vie de captif, de fugitif, recherché par des gens qui n’abandonneraient jamais…Et par d’autres qui voudraient faire comme nous, et voler les voleurs… Huit blancs paumés en Afrique avec 2 kilos de diamants dans les poches, quelles belles proies !
    Nous nous sommes finalement posés à Abidjan… Nous avons rêvé quelques minutes… et même, on peut le dire, quelques années !

Mais à ce stade du récit, nous sommes à trois heures de notre destination. Et nous continuons de nous taire sur les ondes.

A Abidjan, le président Houphouët-Boigny – le sage de l’Afrique – nous attend. Il est au courant de la venue de son illustre cousin. Un vrai comité de réception, le président reçoit l’empereur avec tous les fastes de l’Afrique… La fanfare en avant, les danseuses, les militaires au garde à vous… Le tapis rouge est déroulé, mais nous ne le foulerons pas.
Houphouët monte les marches de la passerelle, pour accueillir lui-même son ami… Nous le saluons avec tout le respect qu’il mérite - et qu’il inspire, et en retour, il nous offre l’hospitalité, le gîte et le couvert ! Nous sommes certains que nous aurons même droit à celle que l’on appelle « etc »**, un peu partout en Afrique… Hélas, les ordres sont les ordres …

  • Malheureusement, Monsieur le président, nous devons repartir immédiatement. Cet avion est déjà programmé pour une autre mission.
    C’était un mensonge diplomatique. On ne refuse pas à un président sans raison majeure. Le vieux renard l’a deviné, bien sûr.
  • Restez au moins déjeuner avec nous, propose-t-il alors…
  • Avec beaucoup de regrets, nous ne pouvons pas accepter non plus, Monsieur le Président…
    Bokassa à son tour vint nous saluer…
    « Nous nous reverrons, me dit-il, à moi personnellement, Dieu y pourvoira »
    Mais nous, l’équipage, nous savons qu’il n’y aura pas d’autre fois.
    Nous savons que Dieu n’y pourvoira pas.
    Nous avons conscience de passer à côté d’une expérience unique. Peut être même à côté de quelques carats ?
    Car si nous avions ramené Bokassa en République Centre Africaine, chacun sait ce qui se serait passé : nous aurions été acclamés en héros pour avoir rendu JBK à la « justice » de son pays, et lui… Il savait qu’on lui aurait fait ce que peut-être il avait fait faire à d’autres… C’est pour cela qu’il transpirait tant à Evreux, où pourtant il ne faisait pas chaud ! Il avait peur***, ne sachant pas où nous l’amenions ! Il a eu peur jusqu’à El Golea.
    Si tout ce qu’on lui « prête » est vrai, c’est peu cher. Si c’est faux, toute souffrance injustifiée – physique ou morale - est cruelle. N’étant ni juge, ni historien, ni Centre-Africain, je m’abstiendrai de tout commentaire. Il ne m’appartient pas de dire si Bokassa est coupable ou innocent. D’ailleurs, de quoi ? Je n’en sais fichtrement rien. Je n’ai pas vu de sang sur ces mains. Je n’ai vu qu’un homme qui, à un moment donné, faisait pitié… Lui qui, paraît-il, avait fait si peur !

Je voudrais revenir un instant sur un autre aspect de cet épisode…
Nous avons décollé à 0530, d’Evreux, destination Dakar. En principe, personne ne sait rien sur le DC8 qui décolle à cet instant précis.
Personne ne sait que la veille, il a été décidé en haut lieu de raccompagner JBK vers son continent natal.
Régulièrement, nous écoutons Radio France International. Toutes les heures rondes, c’est à dire 0600, 0700, 0800…
A six heures, nous survolons Lyon. Il fait toujours nuit.
« Un DC8 militaire est parti ce matin d’Evreux, il pourrait transporter Bokassa… » ne nous apprend pas RFI…
Nous sommes surpris de la vélocité de l’information…
« Toutefois, on ne connaît pas leur destination » ajoute le journaliste : ouf ! Heureusement ! Nous non plus !
07 heures 00 « Le DC8 fait route vers l’Afrique ; il pourrait aller à Dakar » !
Tout l’équipage se regarde : bon sang, ils en savent autant que nous ! Pourtant, nous survolons la Méditerranée et rien n’indique de façon précise le lieu où nous faisons semblant d’aller !
08 heures 00 : nous avons quelques problèmes avec le contrôle d’Alger, et avec la navigation, nous n’écoutons pas RFI. Pas le temps.
Peu de temps après, nous croisons UTA, qui nous dit « Vous n’amèneriez pas Bokassa à Abidjan, des fois ? »
D’accord… Eux, ils ont écouté RFI… Et si à 0800, il y a encore un doute – le conditionnel est employé – à 0900, nous nous mettons sur la fréquence, pour avoir la confirmation :
« Le DC8 militaire qui a décollé ce matin de la base d’Evreux avec Bokassa à bord se rend bien à Abidjan comme nous l’annoncions dans notre précédent communiqué »
Bien que cela ne soit pas en l’occurrence d’une importance capitale, nous avons bien été obligés de reconnaître qu’il y avait une taupe dans notre bel édifice militaire…
Quand je pense que nous avons passé plusieurs minutes pour déchiffrer un message, plusieurs mois à apprendre comment crypter et décrypter un texte, et plusieurs années à mériter cet honneur d’entrer dans les secrets des grands de ce monde, voilà qu’un jean-foutre de RFI nous damait le pion !
Chapeau ! Voilà qui force le respect !

  • French Air Force
    

** « C’est l’amour qui frappe à ta porte »… Tous ceux qui sont allés en Afrique ont entendu cette phrase, au moins une fois … Lorsque vous demandez les facilités accordées par un hôtel, si l’on vous dit « Eau chaude, téléphone, air conditionné, etc »… etc désigne toujours ce service spécial qui ne peut être nommé !
*** … Une peur bleue ! Mais je n’aime pas utiliser cette expression lorsqu’il s’agit d’un homme de couleur !

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[list]Voila les amis.

A bientôt pour une autre histoire vraie[/ul][/list:u][/list:u]

Salut Lagoon

Merci pour ce récit, les coulisses de l’histoire, pour JBB certains disaient qu’il était adjudant dans l’armée Française, d’autres disaient capitaine, je n’ai jamais cherché a savoir.

Pour nous (la tour de lfbf) nous avions baptisé a cette époque notre chef
Bokassa 1er, car il se prenait pour un empereur ce chef la
Son deuxième surnom Le Grand Yakafokon, il ne savait dire que cela…
Drôle les souvenirs qu’un récit peut faire remonter en surface. :smiley:

Charles j’attendrai patiemment les suivants. :stuck_out_tongue:

Bonjour “Lagoon” ! :smiley:

Ton récit m’a intéressé à plus d’un titre … tu vas voir les coïncidences ! :open_mouth:

Tout d’abord, concernant “notre Empereur” à vie.

Les démarches de son arrivée en France …
Avant tout, si tu vas dans “mes récits réels en rapport avec l’aéronautique” … tu vas vite comprendre ce que je faisais comme “turf” et à quelle “Boutique” j’émargeais … 8)
Pour son arrivée, donc, comme tu le dis très justement, on l’accueille ou pas ? Là, était déjà le problème. “ON” décide d’envoyer en visite dans son beau pays, un gars du Ministère des Affaires Etrangères, accompagné de deux “honorables” secrétaires 8) 8) … appartenant au Service? j’étais l’un d’entre-eux ! :blush:
Nos missions consistaient à assurer, d’abord la protection rapprochée de ce personnage du Quai d’Orssay, puis d’établir un contact informel, sur place, avec un “Colonel” qui dirigeait sa garde personnelle, afin d’arriver à savoir si lui et d’éventuels autres “gardiens” seraient de cet éventuel voyage vers la “Mère Patrie Française”, c’est ainsi qu’avait baptisé notre pays, ton illustre passager. :confused:
Voyage incognito sur une ligne régulière, trois jours sur place en étant accueilli à l’arrivée, par un “honorable correspondant” 8) qui nous a remis de quoi … assurer cette protection rapprochée … et la nôtre !
Retour par les mêmes moyens, après nous être … délestés …

Quand la décision de l’arrivée de “l’Artiste en question”, en France, fut prise, et qui n’était effectivement qu’une escale, programmée depuis une quinzaine de jours, mais dont la destination finale demandait reflexion et accord du pays d’accueil … Nous, les “zorros” 8) , étions en pré-alerte, pour éventuellement “dropper” et assurer sa protection dans un pays étranger … africain, si d’aventure, il devait y faire une escale.

A son arrivée sur le territoire national, notre compétence cessait, puisque nous n’avons que vocation à “travailler” hors du territoire, le relai fut passé d’abord à la “D.S.T”, puis effectivement au “G.I.G.N”, beaucoup plus opérationnel. Le responsable de cette protection est un garçon que je connais très bien, qui a écrit un ou deux bouquins, que vous connaissez tous, au moins de nom, étant un de ceux qui ont mis sur pied ce “G.I.G.N”, avec des méthodes de travail qui ont été prises chez nous.

Pour compléter ton récit, il a été envisagé un moment, que ce soit deux agents du “Service” qui l’accompagne, puisque dès lors, cela était hors du territoire national.
Il s’en est fallu de très peu, que nous nous rencontrions … et faisions connaissance …

Tu te rends compte, on ne se connait qu’ici, sur le forum, et comme disait l’autre, “voila t’y pas qu’on a bossé sur un même gazier” ! :unamused:

Amitié ! :wink:
A+ Charlie

PS. OUI, Chef, nous nous sommes un peu éloignés de F.S et de l’aviation ! :wink:

Bonsoir à tous et Merci Lagoon pour ce texte :smiley:

Ce cher ( trés cher ) “BOK” est aussi une vieille connaissance de ma pomme , ma pomme c’est moi a, a, a :laughing: .

Je n’ai pas le talent de Lagoon , mais comme je sais que vous êtes indulgents avec moi , je tente quelques lignes sur le sujet :wink: .

Figurez-vous que j’ai travaillé quelques années sur les Caravelles du sieur sus nommé :astonished: .
A une certaine époque, avec beaucoup de mansuétude, Air France à refilé à Air Inter l’entretien des avions de la République Centrafricaine .
NGT était alors mécano sur Caravelle 12 à Orly et comme la Caravelle du Président était une Caravelle de type 10B3 , NGT se trouva , non pas fort dépourvu , mais invité à “Soigner” l’avion présidentiel avec quelques individus dans mon style du secteur Caravelle d’Air Inter :wink: .

(La Caravelle 10B3 possede un fuselage de Caravelle 3 avec les moteurs , le cockpit et les systèmes de la Caravelle 12. Le type 10B3 était le modèle le plus performant des Caravelles ).

Ce cher , trés cher BOK allait et venait avec son avion présidentiel.
Il venait avec quelques passagers , puis , sur “ordre” , nous transformions l’avion en “Cargo” , et l’avion repartait vers cette afrique lointaine et mystérieuse , rempli jusque par dessus les hublos, de pneus, frigidaires , tuyaux et autres denrées auxquels venaient se méler quelques malles toutes aussi mystérieuses, peut être “diplomatiques” ???.

Puis notre gaillard devint Empereur et la Caravelle Impériale grace à quelques coups de peintures finement ajustés.

A Orly , le trafic s’arrêtait , l’Empereur était pressé , il avait priorité sur tout , pas question de faire la queue au decollage . Les controleurs avaient aussi “des ordres” :wink: .
Le pilote en chef, le Commandant Denis , exécutait les ordres et les autorités Françaises fermaient les yeux (et pour cause : VGE :laughing: ).

J’ai un trés bon copain qui est le dernier mécano naviguant de la TL-ABB et il m’en raconte des tartines à chaque fois que nous nous retouvons.
La TL-ABB se trouve aujourd’hui sur un parking des ailes anciennes Toulousaines aprés avoir servi chez Air Toulouse suite la fin tragique du règne de sa majesté impériale.

BOK , au départ , ne devait pas être un mauvais bougre , mais au contact du roi français de l’époque , oui celui des diamants et de la constitution :laughing: , il devint légèrement perturbé et misérable .

Un jour, en été, nous faisions une pause technique (avec une bière) , sur le parking du hangar HN6 à Orly, le parking d’Air Inter.
A côté de nous, était stationnée la Caravelle de BOK.
Soudain , une R30 (une Renault 30) déboule vers nous, conduite par un “petit blanc”.
Deux grands noirs en sortent et l’un vient vers nous et se présente.

" Je suis le Général Samba , l’avion est-il soigné ? "

Un collègue répond :

" Oui mon Général, il est même guerri "

Puis les types s’en vont …
Cette histoire a fait le tour d’Orly et je dois ajouter qu’à la fin du règne de sa majesté impériale , il semblerait que certains auraient reconnu les restes du Général Samba dans les congels de BOK à Bangui, mais cela reste à vérifier .
Tout le reste est VERIDIQUE et VERIFIABLE

Quelle époque :laughing:

Bonjour Charlie,Alain et Michel.

je re-précise que je ne suis pas l’auteur de ces lignes. je n’ai pas vécu cette histoire ni celle que je vous raconterai encore du même auteur.

il s’agit d’un ami, un ami merveilleux, ancien pilote de la FAF, retiré en Asie où il coule des jours heureux et lumineux.
dès qu’il aura de nouveau internet, je lui filerai les liens de vos posts pour que vous puissiez nous faire profiter de ces petites histoires de la grande histoire.
merci de vos commentaires. ne loupez pas les prochaines, elles sont savoureuses.

à plus,