Le co-avionnage prend son envol en France depuis Juin 2017


(Richard) #1

Alors que beaucoup d’initiatives innovantes ont été tuées dans l’oeuf par une administration et réglementation tatillonnent qui tire par la même occasion l’aviation civile française vers le bas pour ne pas dire le gouffre, il semble que les choses changent depuis Juin 2017. En effet, le Conseil d’état a annulé la circulaire de la DGAC qui excluait 94% des pilotes privés de faire du co-avionnage:
Décision n° 404619 du 22 juin 2017 du Conseil d’Etat statuant au contentieux

Le coavionnage permetaux pilotes de faire des heures en partageant les frais et aux passagers de découvrir l’aviation légère. Les plateforemes comme Wingly, le pendant de blablacar pour les airs vont pouvoir étendre leurs activités.
Pour ma part, je dois totaliser pas moins de 30h en tant que passager sur différents modèles avant le coup d’arret en 2016 :slight_smile:


#2

Salut,

Je suis ça de relativement près depuis quelque temps. Je suis assez mitigé sur certains points.
D’un côté c’est très bien pour la démocratisation de l’aviation légère et faisant peut-être naitre de nouvelles passions.

D’un autre côté, l’offre est encore beaucoup trop pauvre pour que ça marche. Il faudra encore quelques années je pense pour ce point là.
Les dindons sont les aéroclubs qui facturaient les baptêmes de l’air de façon à marger un peu dessus pour le club, si demain tout se fait sans cet intermédiaire, c’est la plateforme qui va s’enrichir et les clubs qui vont perdre. Donc au final les pilotes.
Peut-être que la bonne solution serait de n’autoriser que les voyages sur ce type de site, pas les vols locaux? Mais ce serait ce priver de beaucoup. Et pour le moment, pas facile déjà de trouver un aller, mais alors de trouver en plus un retour au bonnes dates, c’est mission impossible!


(Richard) #3

Il permet surtout une mise en relation et ensuite on s’échange des idées de destinations et de dates. J’ai surtout fait les vols aller-retour. Le co-avionnage dans le sens partit d’un point A à un point B comme en voiture ou en train demandera des années surtout si les bagages sont limités


(Antoine Rogues) #4

salut,

La majorité des pilotes qui veulent faire du co-avionnage en France sont des jeunes qui veulent mûrir leurs heures à moindres coût.
Cette grande majorité de pilote n’ont pas d’avions a eux, mais volent en aéroclub.
La majorité des AC a interdit cette pratique. Malgré le revirement de la FFA, je doute que les clubs re-modifie leurs règlement intérieurs de sitôt.
=> l’offre va rester je pense minoritaire en France.

Et tant mieux !!! Le concept de co-avionnage si la majorité des pilotes sont de jeunes pilotes, est accidentogène.

Enfin, au vue de nos règles fiscales (exemption de TVA), je pense que pour une assoc loi 1901 exonérée de TVA (donc la majorité des aéroclubs) faire du co-avionnage est limite légale a cause de la publicité, de la recette faite par un tiers, … En tous cas beaucoup de risque pour bien peu d’heures de vols en plus.

A+
Antoine


(Richard) #5

Et que disent les statistiques ? les jeunes pilotes se tuent plus ? Et pourquoi les vieux ne partagent pas ?


(Antoine Rogues) #6

Je n’ai pas le détails des statistiques.
Mais si on prends l’exemple d’un jeune qui doit murir ses heures.
S’il est tout seul : aucun besoin d’être à une heure précise à un endroit précis. Il doit juste faire des heures. Il fait beau à l’ouest et pas à l’est alors qu’il prévoyait d’aller à l’est, et bien il ira à l’ouest. Il s’en fout. Il doit juste faire des heures.
S’il co-avionne, l’envie de faire de la destination est plus grande. D’ou un risque plus élevé.

Pourquoi les “vieux” ne partagent pas ? Car ils ont soit leur avion soit n’ont pas besoin d’une quote part financière pour faire leur vol. Du coup devoir gérer une personne inconnue qui risque plus leur poser des problèmes (car s’il change son plan au dernier moment ou autre) qu’autre chose.

Maintenant, je peux me tromper. Du coup reste l’incertitude fiscale.

Bref, devant tout ceci, cela est je trouve normal qu’une équipe dirigeante d’association (bénévole) ne prennent pas le risque.


(Emmanuel) #7

L’explication est très claire, merci Antoine. Moi qui m’attendais à m’envoler prochainement :roll_eyes:

La mesure a au moins le mérite de ne pas interdire la pratique. L’avenir nous dira si cela se développe ou reste confidentiel.