J'ai testé Wingly pour vous ! (mais aussi pour moi !)


#1

S’il y a un sujet qui divise les communautés de simmeurs et de pilotes, celui du coavionnage fait certainement partie des ‘tops discussions’.

D’un côté on retrouve ceux qui voudraient démocratiser le loisir et le rendre accessible au plus grand nombre en partageant les frais pour rendre l’activité presque bon marché, et de l’autre ceux qui pensent que cela doit rester une activité de niche, l’argument de la sécurité souvent mis en avant.

Pour rappel, le coavionnage est l’action de partager un vol, sur le même modèle que le covoiturage installé depuis plusieurs années.
En fait, le coavionnage a toujours existé, mais il se faisait auparavant beaucoup plus discrètement en passant directement par les pilotes ou les aéroclubs. Depuis quelques temps, des plateformes web, à l’instar de blablacar pour les voitures ont vues le jour, on pense à Wingly ou à Coavmi, entres-autres, qui permettent la mise en relation entre pilote et coavionneur.

C’est donc à l’occasion de quelques jours dans le sud de la France que j’ai profité pour tester le premier de ces sites. L’occasion était trop belle, conditions météos parfaites la plupart du temps, l’aérodrome de Cannes à moins de 5 minutes de voitures, et des superbes paysages au sol, ça doit être encore plus beau vu d’en haut! :heart:

Reste une inconnue, la disponibilité, ou non de vols pour mon envie.
On est mercredi, il est 11h. Le site propose deux types de voyages, les vols locaux, ou les voyages avec une arrivée différente du point de départ.
Je veux juste faire du touriste, il me faut donc un local avec comme terrain d’arrivée et de départ l’aérodrome de Cannes Mandelieu.
Même si le sud de la France aidant, de part son côté touristique, les vols proposées correspondant à mes critères ne sont pas légions. Première difficulté potentielle au décollage de ce type de plateforme.

Coup de chance, deux vols me correspondent quand même, avec le même pilote, le jour même dont un à 15h. Il reste 3 places, sur un PA28. Parfait, ce sera plus spacieux que les DR400, et je ne connais pas l’avion, ce sera une découverte supplémentaire. 60€ la place pour une heure de vol, c’est pas plus cher que les autres activités à touriste sur la côté. Hop, je réserve deux places.

Bon point, la possibilité de réserver a quelques heures du vol, sur un coup de tête au lever. J’ai quand même l’impression d’avoir eu un coup de chance, et que c’est loin d’être toujours le cas.

Le RDV est donc pris par téléphone avec le pilote à l’aérodrome.

Arrivé sur place, on fait connaissance avec notre pilote. Cet après-midi nous volerons avec Stanislas, ancien pilote d’hélico dans l’armée, pilote d’hélico actuellement dans le civil et prochainement aux commandes de 737 chez une compagnie Low Cost. Avec mes quelques dizaines d’heures de vol en club, j’ai bien sur pas du tout la même expérience. Pour le coup, ceux qui disent que ceux qui proposent des vols sur ces sites sont des pilotes sans grande expérience et en recherche d’heure de vol n’ont pas raison ici. L’exception qui confirme la règle? (Peut-être connaissez vous aussi notre pilote du jour, vous l’avez peut-être rencontré dans une émission TV qui passait cet été sur la 8, mais ça, je ne l’appris que bien après avoir atterri :rofl:)

Pour des questions de couts, nous ne volerons finalement pas dans le PA28 comme l’indiquait l’annonce, mais dans un APM30, plus petit. (Nous ne sommes que 3 pour ce vol). Niveau place à bord, je pense avoir perdu au change! :smile:


Notre appareil à la pompe

S’en suit un vol très sympa jusqu’à la frontière italienne, le survol de Monaco, de l’arrière pays niçois et de quelques jolis villages perchés. Du point de vue navigation, un vol très différent de ce que je peux connaitre dans le nord de la France, beaucoup plus de trafic, quasi exclusivement en anglais, énormément d’hélico qui volent partout, et des fois très près du sol. Quelques gros commerciaux du à la proximité de Nice qu’il faut éviter (dont un 380 Emirates au décollage qui met un temps fou à prendre de l’altitude)…

Merci a Stan le pilote d’avoir pris le temps de commenter les lieux survolés, sur le point touristique, ce fût une bonne expérience.

Au final, je ne regrette pas du tout le vol, j’ai pas moins confiance en Wingly qu’en BlaBlacar, dans les deux cas on est pas à l’abri d’une personne pas sérieuse, mais dans les deux cas, pour le moment, toutes mes expériences ont été parfaites.
Il faut bien sur se renseigner sur son pilote un peu avant, via les avis sur le site et sa biographie, même si le pipeau est toujours possible.

Bref, mon avis est globalement positif, juste un petit bémol pour l’avion utilisé qui n’était pas celui annoncé au départ, mais ce n’est pas si grave.

Et vous, vous avez déjà testé? Peut-être des avis à partager?

Voici quelques photos:


LFMN dans la petite brume

En vol, un easyJet passe au dessus de nous

Le 380 Emirates au loin doit être bien chargé, il met du temps à monter


Monaco coté terre


L’héliport de Monaco


(Yvan Muster) #2

là tu me fais vraiment envie :heart_eyes:


(Braudoux) #3

Tres sympa de partager ça avec nous. Merci


(Richard) #4

Les offres commencent à s’étoffer et y a même des balades en hélicos


(Malo Theas) #5

Çà va se développer je l’espère en tout cas merci pour ces vues


(Henry) #6

Une belle idée ça, ça donne envie


(Antoine Rogues) #7

salut,

Je t’invites à relire ton post quand tu auras 500 hdv :wink:
Et à voir si tu laisserais alors tes enfants (ou autre) pour un vol comme cela.

Quand je n’avais pas mon brevet ou avec peu d’expériences, j’étais d’accord pour monter avec n’importe qui. Ca a bien changé maintenant si je n’ai pas accès aux commandes…

Un avion, ce n’est pas une voiture …

A+
Antoine


(Richard) #8

Donc pour toi, la formation des pilotes en France est de mauvaise qualité et qu’il ne faut pas faire confiance aux brevètés autres que soi même. L’avion n’est pas comme la voiture en effet mais cette dernière est beaucoup plus dangereuse en terme d’accidents


(Antoine Rogues) #9

Le “problème” n’est pas la France.
Le “souci” est la compétence sur qui ont peut tomber et ses motivations à faire/poursuivre le vol. Pour la seconde partie, je l’ai déjà bien expliqué dans l’autre post.

Pour le premier, on peut bien sur tomber sur le pilote hyper compétent, très expérimenté (c’est deux choses différentes), …
On peut aussi (je dirai surtout) tomber sur le pilote lambda d’un aéroclub : dans les 150 hdv, 15 hdv par an, brevet d’il y a 7/10 ans. Un vol avec FI de une heure tous les deux ans.
Est-ce qu’il est “dangereux” ? Faudrait savoir par rapport à quelle référence. On est tous plus ou moins dangereux.

Les risques en aviation générale sont clairement plus fort qu’en aviation de ligne ou qu’en voiture.

Si les passagers sont très clairement au courant, comprennent et acceptent ces risques, aucun problèmes. Si le coavionneur se retrouve en chaise roulante toute sa vie on s’attend à aucun procès dans ce cas. Seulement, ce n’est pas cette direction que prends l’humanité.

En voiture, on conduit tous et rarement que “15 heures” par an. Je serai certainement pas rassuré à faire du covoiturage avec un jeune conducteur qui a juste son permis sans conduite accompagné. C’est sur même.

Emporter sa famille, ses amis, … c’est différent. Car normalement les risques ont été exposés, ils ont plus ou moins suivi de loin la formation, … Ce n’est pas comme prendre un inconnu. D’ailleurs quand on se place coté pilote, prendre des inconnus à bord qui pour certains n’ont jamais pris l’avion (ni petit, ni de ligne) c’est vraiment loin d’être anodin. Dans 99% des cas tout va bien. Y’a des fois ou ce n’est pas pareil (et j’ai du “attendre” plus de 1000 hdv pour avoir un vrai cas problématique).

Donc cela plus le fait qu’on peut avoir une tunnelisation sur l’objectif destination (expliqué dans mon autre post), je ne suis pas favorable au co-avionnage.

Bref, encore une fois, si tout le monde trouve cela parfait, top ! Dans mon AC c’est une pratique qui restera interdite tant que je serai dans l’équipe dirigeante.

A+
Antoine


#10

Salut,

Quand j’ai réservé, j’avais ton message précédent dans un coin de ma tête. :wink:
Dans les critères de réservation il y avais bien sur l’expérience pilote. Pour le coup, 2600 hdv dont 300 dans les 12 mois. (Données publiées sur le site).

Alors comme tu le dit bien, ce n’était pas pour autant un bon pilote, mais un pilote expérimenté, oui surement :wink: Ou alors un pipeauteur.:rofl:
Tu as raison sur un point, je viens de parcourir la carte des membres, il y a une légion de pilote dont le total d’hdv tourne entre 100 et 200. Et pas sur l’année. C’est aussi à nous de ne pas choisir n’importe qui.


(Antoine Rogues) #11

Attention, je ne dis pas que le pilote avec qui tu as fait le vol était mauvais (ou bon). Je n’en sais rien.
Y’a “toute les chances” que cela se passe bien. Même avec un “jeune” pilote. Il n’y a pas de crash tous les matins. Mais y’en a plus qu’en voiture rapporté à l’activité totale.

Toi tu comprends ce que c’est qu’avoir x heures totales et y récentes. Mais est-ce qu’une personnes qui n’y connait absolument rien le comprends ?

Le coavionnage entre pilotes ou “fins connaisseurs”, pour les mêmes raisons, je suis pour. Si cela fini mal, la personne savait.

Ce que je ne “veux” pas, c’est qu’une personne se sente autant en sécurité que dans un avion de ligne d’une compagnie aérienne “normale”. Et la je suis certain qu’une personne ne connaissant pas grand chose à l’aviation générale ne peut pas savoir cela. Même si on écrit en petit (ou en plus gros) certaines choses. Ca demande du temps pour appréhender ces notions.
La “preuve” : quand j’avais peu d’heures de vols, je serai monté avec n’importe qui ! Et la je peux t’assurer que je ne monterai pas avec certains pilotes si je n’ai pas accès aux commandes.


#12

Bien sur, j’ai tout à fait compris ton avis. Je le partage d’ailleurs globalement.
Mais on peut se poser une question, a partir de quand deviens t-on 'bon pilote"? Pas sur que le nombre d’hdv total nous fait devenir un jour de bon pilote. Faut-il faire confiance aux examens officiels pour ça? Peut-on se dire qu’à partir du moment ou un pilote est breveté, c’est que son FI puis FE s’est assuré qu’il avait les bons réflexes? Et qu’il saura réagir en cas d’imprévu?

Bref, vague question à laquelle je n’ai pas vraiment de réponse


(Vincent BAZILLIO) #13

+1 (au moins). Il faut être déjà monté avec un pilote et se dire qu’on ne le refera plus jamais pour savoir que malgré un carnet de vol plein de lignes, certains commandant de bord ferait bien d’embarquer de l’humilité plutôt que des passagers.

Alors monter, au hasard d’une annonce commerciale (“château de la loire”, “tour de Paris”…) via ces sites (WingMachin et CoAvtruc) avec une personne inconnue, pilote d’aéroclub du dimanche (j’en suis un, je sais ce que c’est) et même s’il est “recommandé” par le système de notation du site par une majorité de personne n’y connaissant rien, me semble relever de l’insouciance. Chacun fait comme il veut. Mais ce sera sans moi.


(Vincent BAZILLIO) #14

On a surtout coutume de dire qu’à partir du moment où le pilote est breveté, c’est là qu’il commence à apprendre. Je préfère donner ma vie à quelqu’un qui se serait fait la corne et aura connu des problèmes mécaniques, des déroutements réels, aura vécu des annulations sous pression de vols… etc… Et je sais de quoi je parle, car ce n’est pas si loin pour moi.

Ps : et quand je reconnais des pilotes sur leurs annonces commerciale sur ces sites, je ne suis pas le plus rassuré.


#15

Évidemment, quand je disais ça, c’était un brin “provocateur”.

Au moins, l’avantage de l’aviation, c’est qu’au contraire de la voiture, des visites médicales et des heures d’instructions avec FI ont lieu régulièrement. :smile:


(Vincent BAZILLIO) #16

Tu as bien fait de mettre un smiley à la fin. Tu as vu la qualité d’une classe 2 ? Tu vois ce que cela représente 12 heures lors de la dernière année de validité de la licence, en terme de sécurité et d’appréhension de tous les risques d’un vol VFR en mono-moteur avec les promesses des annonces sur ces sites, tu as vu ce qu’il se passe lors de “ces 1 heures de vol obligatoire avec FI” ?

Ce qu’Antoine et moi évoquons comme des pilotes qui sont dans les clous (médical à jour, nbre d’heures minimum…) et pourtant avec lesquels on ne voudrait absolument pas voler ne te fait pas réfléchir ?


#17

N’essaie pas de me convaincre, j’ai déjà dit que j’étais assez d’accord avec vous. Moi aussi j’ai des mauvais echos sur certains brevetés au club, qui ont pourtant l’autorisation de voler. Certains ont fait des sorties de pistes, certains se sont bien plus planté. Heureusement toujours sans gravité humaine. Je ne défends pas le coavionnage, ni wingly, ni personne. J’échange juste avec vous :slight_smile: . Je ne pousse personne à le faire absolument, moi j’ai voulu le faire en mon âme et conscience, par curiosité d’une part, et d’autre part parce que j’aime bien connaitre ce dont je parle. Moi mon expérience s’est très bien passé, tant mieux, mais on ne peut effectivement pas garantir que ce sera toujours le cas. Et il y aura un jour, il y aura un problème, c’est (presque) certain.

PS: je suis presque sur que quelqu’un de chez wingly nous lit, si cette personne veut participer au débat, ce serai intéressant d’entendre ses arguments.


(Antoine Rogues) #18

Mais on s’en fout un peu du niveau du pilote. Tout le monde peut avoir un accident. Y’a qu’à regarder les rapports du BEA. Par contre, les motivations des pilotes qui font du co-avionnage peuvent rendre la pratique encore plus risquée qu’elle ne l’est sans co-avionnage. Et force est de constater que ce sont plutôt les jeunes pilotes qui veulent mûrir leurs heures qui, en France, postent des annonces. Et qu’une fois dans la merde, la l’expérience/compétence compte pour s’en sortir vivant.

Pour moi, la réelle question c’est l’acceptabilité du risque des passagers qui n’y connaissent rien. En covoiturage, s’il s’avérait que le risque était plus important qu’en voyage voiture “normal”, jamais cela n’aurait eu l’essor que cela a eu.

Enfin, cela restera une activité “à la marge” : peut-être quelques tours touristiques (la les aéroclubs devraient les interdire car souvent ils proposent des baptêmes bien plus cher et les clients sont la) et quelques voyages. On ne peut raisonnablement voyager à date fixe en VFR en France métropolitaine. Donc je ne suis pas “inquiet”, cela n’aura jamais l’essor de blablacar. Par contre je serai très attristé au premier accident ou des pax qui n’y connaissait rien vont morfler…

Après en tant que dirigeant d’assoc, en plus de cela, y’a des questions fiscales qui font que je pense que c’est hyper borderline (d’un point de vue fiscal, pas réglementaire EASA/DGAC) voir déjà de l’autre coté de la légalité (n’oublions pas que les assoc exemptées de TVA ont des règles assez strict en matières de pub et autre).